(Source
: L'accompagnement des personnes handicapées motrices. Dr M. Delcey. Ed.
APF 2000)
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du langage de moteurline.apf.asso.fr
Voir
aussi la déclaration des personnes avec des
difficultés d'élocution : affiche et charte.
Introduction :
Les personnes en situation de handicap, dans leur majorité,
souhaitent être
considérées comme des gens ordinaires. Le regard qui parfois
pèse sur elles peut transformer une situation difficile en situation
handicapante. Aucune loi, aucun règlement ne viendra jamais modifier
cet état de fait. Seules la politesse, les bonnes manières, essentielles
dans les rapports avec autrui, peuvent alléger ce malaise. Il ne s'agit
pas de poser les fondements d'un code de déontologie à l'usage
des " professionnels " de l'aide aux personnes handicapées,
mais de faire percevoir de quelle manière chacun doit aborder l'autre
dans le respect de sa différence.
Quelques règles de bon sens à observer pour éviter
ainsi gêne
et sans-gêne :
S'adresser directement à la personne et non à son
accompagnateur ;
A l'inverse, si vous êtes accompagnateur, ne pas laisser un tiers
s'adresser à la personne que vous accompagnez par votre intermédiaire : " qu'est-ce
qu'il a ? " " qu'est-ce qu'il veut ? "
mais inviter l'interlocuteur à reconnaître
la personne handicapée comme interlocutrice (en l'aidant au besoin en
cas de difficultés de communication) ;
S'installer de telle façon que les regards soient à la
même hauteur (quand la personne est en fauteuil : on s'assoit ou on
s'accroupit) ;
Quel que soit l'âge de l'interlocuteur, les gestes familiers
sont a priori déplacés : éviter la condescendance ou
la gentillesse sur-protectrice ou infantilisante. S'abstenir de tapoter
la tête ou l'épaule, ou de lancer des " ça va aller,
mon vieux "
qu'on n'aurait pas l'idée d'accorder à une
personne valide dans le même type de rapport ;
N'utiliser le prénom et /ou le tutoiement que si l'usage
le veut ou si on y est invité ;
Quand on propose de l'aide, attendre que son assistance soit
acceptée, écouter ce qui est demandé et éventuellement
réclamer des précisions : on aide une personne à faire ce
qu'elle souhaite, et non à faire ce qu'on souhaite qu'elle fasse
;
Les personnes handicapées ont aussi de l'humour. Quand on
s'adresse à elles, il faut être naturel et ne pas culpabiliser si
dans la conversation on utilise (involontairement) des expressions courantes
comme " comment ça marche ? ", " ça roule ? ".
Même si on tentera d'éviter le trop classique " bougez pas,
je reviens
" et qu'on oubliera définitivement le spirituel "lève-toi
et marche !"...

En
cas de difficultés de communication (et
notamment d'expression - dysarthrie)
Certaines personnes handicapées motrices ont des difficultés
d'expression et de langage. Le plus souvent, il s'agit de troubles de l'articulation
(IMC notamment) : les mots sortent difficilement, ils sont déformés
et difficiles à comprendre. Parfois, il s'agit de troubles du langage
proprement dit : la personne a du mal à former ses phrases, à trouver
ses mots (aphasie). C'est un problème que rencontrent certains traumatisés
crâniens ou des personnes hémiplégiques à la suite
d'un accident vasculaire cérébral.
Dans
tous les cas :
Pour communiquer et surtout respecter la parole de l'autre, quelques trucs
sont à éviter (cf. ci-dessus) ; Ce qu'il ne faut pas faire
:
- terminer systématiquement les phrases de la personne qui cherche ses
mots, sans lui laisser le temps de s'exprimer ;
- se limiter à une communication qui ne solliciterait de la part de
la personne handicapée que des " oui " et des " non ",
ce qui augmenterait encore sa dépendance et son isolement ;
- surtout, ne pas faire semblant d'avoir compris si ce n'est pas le cas : ne
pas hésiter à faire préciser, en répétant
ce qui a été entendu et en encourageant son interlocuteur à confirmer
ou à infirmer.

Quelques
méthodes communes de langage
alternatif : les bases
Un certain nombre de personnes, qui ne peuvent pas se faire comprendre, utilisent
des méthodes alternatives : en connaître les grands principes
permet de les comprendre rapidement, et d'utiliser avec elles le moyen de communication
privilégié qu'elles ont développé. Il n'y a pas
besoin de formation spéciale pour comprendre ces modes de communication,
mais il est important d'évaluer comment la personne elle-même
les utilise, de façon à l'aider à s'exprimer de la façon
la plus fine, quelles que soient les limites de son expression. Il y a deux
grands types d'aides à la communication :
soit
la personne s'exprime de façon autonome avec son aide
technique : elle peut désigner les lettres d'un alphabet,
les symboles ou les images d'un code, ou utiliser un clavier (machine à écrire,
ordinateur, synthèse vocale) et il y a peu de difficultés.
Il faut surtout prendre le temps de la laisser s'exprimer. Dans certains
cas, la personne a peu de symboles à sa disposition et il faut
savoir extrapoler... en lui faisant valider ces suggestions. Il est
alors particulièrement important que l'on ait bien appris à interpréter
ses acquiescements ou ses réponses négatives (verbalement,
avec les yeux, avec la tête...) ;
soit il faut, en général sur un code imagé ou
symbolique, l'aider à désigner, par exemple en parcourant
des images jusqu'à ce que la personne indique par signe qu'on
arrive sur la bonne ; là aussi, il faut prêter une attention
particulière à l'expression des oui/non pour bien respecter
ce qu'elle veut exprimer... et ne pas refermer le classeur d'images
dès qu'on pense avoir compris, sans attendre de savoir si cette
personne veut dire autre chose !
L'alphabet :
il se présente sous forme de tablettes, de feuillets plastifiés,
etc. C'est en général un mode de communication
choisi pour des personnes pouvant
désigner les lettres, qui permet - si on laisse le temps nécessaire
- une expression sans limites des souhaits et pensées.

L'ordinateur
et machine à écrire, synthèses
vocales : ils permettent également en principe une expression
complète à partir d'un clavier ; celui-ci peut cependant
prendre des formes extrêmement diverses, depuis le classique
clavier d'ordinateur jusqu'au contacteur (manipulé par la main,
le front, la nuque...) permettant de déplacer un curseur sur
un clavier qui s'affiche sur un écran...
Les
pictogrammes et les classeurs d'images : il s'agit souvent
des modes d'expression les plus limités (communication
non verbale) ; ils utilisent soit des dessins plus ou moins
symboliques (pictogrammes), soit des images évocatrices.
Le niveau de symbolisme est souvent relativement simple, permettant
une expression rapide mais forcément moins sophistiquée
que l'expression verbale : selon les cas, les images représentent
des personnes, des actions, des idées, ou des mots (avec
certains, une syntaxe est donc possible). Selon les personnes,
le stock de vocabulaire (d'images) sera très différent.
NB : Il faut presque toujours renvoyer à une validation (confirmation)
orale ou par mimique (oui/non) pour être sûr d'avoir compris, faire
préciser une pensée ou l'extrapoler, en essayant de ne pas influencer
le discours ni de trop " deviner " pour aller plus vite ; certaines
personnes ont leur interprétation propre de certaines images : un pictogramme
représentant un lit peut signifier " faire mon lit " et non " me
mettre au lit " ou inversement.... En général, la signification
précise du symbole est écrite sous l'image de façon à éviter
les erreurs.
Pour en savoir plus, voir la page Troubles
du langage de moteurline.apf.asso.fr

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